Au complot !

Ecrit par Moogle le 9 avril 2009

Depuis quelque jour, c’est toute l’extrême-droite du net qui se paluche sur une vidéo qui tombe a point nommé pour faire partager leurs idées : un Français bien blanc, agressé par des maghrébins. Comble du comble, il se fait même insulter de “sale Français”. Il n’en fallait pas moins pour exciter les fachos qui voient là une preuve que les immigrés sont dangereux. Mais leurs critiques ne s’arrêtent pas là. En effet, la vidéo, issue d’une caméra de surveillance et qui ne devrait être vue que des services de police a été retirée de plusieurs sites, et le policier a l’origine de la fuite a été mis en garde à vue. Pour l’extrême-droite, c’est la preuve qu’on cherche à censurer la vérité. Les commentaires en rajoutent : “Si c’était un Arabe qui se faisait agressé, on l’aurait vu partout et toutes les associations se seraient jeté dessus”. Au final, la vidéo se retrouve diffusée par la plupart des journaux et jusque chez TF1. Censure, toujours ?

Si le cas du policier, vu comme un défenseur de la liberté d’expression, a fait grand bruit, on remarque que l’extrême-droite reste en revanche totalement muette sur cette déferlante dans les médias, sur le fait que la diffusion de vidéos de surveillance n’est pas très compatible avec le respect de la vie privée, ou quand il s’agit de préciser que certaines des “racailles” ont été arrêtées depuis. Mais il est vrai que ça casserait un peu leur victimisation…

Edit : Le principal concerné vient remettre les pendules à l’heure et c’est la déception chez l’extrême-droite, qui découvre que la vérité n’est pas celle à laquelle ils s’attendaient. Rendez-vous compte, les agresseurs ne sont pas des immigrés ! Un grand complot qui s’étend jusque dans le Figaro, d’après certains…

La réalité dépasse la fiction

Ecrit par Moogle le 29 mars 2009

Je m’amuse bien avec le blog Winner à parodier les blogs de droite, déconnectés de la réalité et bavant devant les riches. J’en rajoute aussi pas mal, à grand coup de “gauchistes jaloux”. Si seulement j’avais su qu’un vrai blog d’un journal d’(extrême)-droite utiliserait les mêmes expressions caricaturales…

Le Pape, ce rebel

Ecrit par Moogle le 29 mars 2009

Dès que quelqu’un dit une connerie, il trouvera toujours des défenseurs pour expliquer le fond de sa pensée, pour dire qu’il fallait comprendre autre chose que le texte, pour se plaindre des médias qui se trompent forcéments et qui “lynchent”… Cette fois, c’est le Pape. Regardons ce qu’il a dit : « On ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. » Choquant n’est-ce pas ? Voyons ce que certains ont à dire pour sa défense. On retrouve les réactionnaires habituels, de Valeurs d’Antan à Rioufol, mais aussi, plus surprenant, Maître Eolas, qui prouve une fois de plus en verrouillant les commentaires qu’il vaut mieux être d’accord avec lui, puisqu’il dit La Vérité. Au final, on a presque plus d’articles pour rectifier ce qu’a dit le Pape. D’une part, ce n’est pas la phrase entière, ce qui est vrai. Regardons la :

« Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du SIDA uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. »

C’est vrai que d’un coup, le sens change du tout au tout… ou pas. L’englobage du barratin habituel de l’Eglise à grand coup d’amitié entre les peuples et de spirituel n’est pas vraiment une mesure concrète de lutte contre le Sida. Quelle est donc cette mesure concrète qui se cache derrière ? Venant du Pape, la réponse est évidente : fidélité et abstinence. Autrement dit, la vision habituelle et oh combien progressiste de l’Eglise : anti-contraception, anti-homosexualité, anti-plaisir. Notons au passage qu’en refusant le préservatif, forcément associé au libertinage le plus total, il refuse toute sexualité aux séropositifs qui seraient néanmoins fidèles et chastes.

Suite au mécontentement venant de ses fidèles mêmes, l’Eglise fait un demi-tour complet sur le sujet. “Maintenant, on reconnaît le préservatif !”. Bien sûr, le tout est accompagné d’une étude, forcément pas très objective, qui conclut que abstinence et fidélité sont les principales causes du recul du Sida loin devant la capote. On peut effectivement s’en protéger par ces moyens, et se faire chier par la même occasion. On remarquera que le Sida est plus répandu en Afrique qu’en Europe, un continent pas plus sensible à la débauche, mais surtout moins éduqué sur le préservatif et ou celui-ci est moins accessible… Mais cette comparaison ne correspond pas à la morale de l’Eglise, on préfèrera donc la taire.

Second point, l’avortement. L’histoire de cette fillette brésilienne de 9 ans excommuniée était certe locale, et le Vatican s’est opposé à cette excommunication. Mais il n’a pas non plus approuvé l’opération. Benoît XVI a d’ailleurs confirmé cette position en refusant l’avortement thérapeutique. Nouvelle polémique, nouveaux démentis de l’Eglise. Il n’a pas utilisé le mot “thérapeutique” dans son discours. Il faisait pourtant bel et bien référence à une loi qui autorise l’avortement thérapeutique, et uniquement celui-ci. On a donc tour a tour un message bien réac de Ben, et un démenti qui vient clamer qu’il n’a jamais dit ça et que ce n’est qu’une pauvre victime d’un acharnement médiatique. C’est oublier un peu vite d’autres déclarations claires et nettes sur le sujet par Benoît XVI lui-même. Notons aussi que l’Eglise reste évasive sur le sujet en n’acceptant l’avortement que s’il s’agit d’un “accident”. Ou s’arrête l’avortement volontaire, ou commence l’accident ? Est-ce qu’un avortement thérapeutique peut vraiment être considéré comme accidentel ? L’Eglise ferait bien de balayer devant sa porte, d’autant plus que la doctrine de l’abstinence et de la lutte anti-IVG a un effet inverse.

Faire passer l’idéologie réactionnaire de l’Eglise tout en se victimisant. Montrer le Pape, le plus grand “poseur de tabous” qui soit, comme un “briseur de tabous”. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la com du Vatican est décidément très au point. Après tout, le Pape n’est pas le seul à être capable de dire une chose puis son contraire.

Doit-on pourtant s’étonner ou être choqué des propos du Pape ? Demander sa démission ? Un autre Pape ne dirait rien d’autre. Jean-Paul II n’était pas différent de Benoît XVI sur le sujet. C’est bien dans la doctrine de l’Eglise que se trouve le fond du problème. Heureusement que même en son sein, les avis sont partagés.

Les risques-tout

Ecrit par Moogle le 18 février 2009

Les Echos publie un article de Pascal Salin. Intitulé “Le profit ne se partage pas”, il nous explique en quoi il est normal que les actionnaires gagnent tant d’argent, pourquoi il ne faut surtout pas tenter de redistribuer les richesses, autrement dit, pourquoi il ne faut strictement rien changer au système, puisque “Ce partage des rôles n’a pas été décidé par un quelconque architecte social. Il a été sélectionné peu à peu au cours de l’histoire parce qu’il correspondait à la forme d’organisation sociale la plus efficace, celle qui a été préférée par tous, producteurs ou épargnants.” A t-il été demandé à “tous” si c’était effectivement ce qu’ils préféraients ? Et quid de la crise qui remet à mal ce modèle, pas si parfait que ça ? Pour Pascal Salin, mieux vaut l’ignorer.

Pourquoi y a t-il donc un partage des profits aussi injuste ? Parce que les actionnaires prennent des risques, contrairement aux salariés. En effet, être actionnaire, c’est risqué. Une année, on peut toucher un million de dividendes, et l’année suivante, seulement 300 000. On me dira qu’il existe aussi de petits actionnaires. Certes. Mais sont-ils tous si petits que ça ? Entretenir un portefeuille d’actions n’est pas à la portée du premier Smicard venu. Et ces “petits” actionnaires ne comptent généralement pas sur la Bourse comme seul revenu, à moins d’être de parfaits crétins. Un actionnaire, gros ou petit, fera toujours parti d’une classe relativement aisée. Risque t-il de se retrouver à la rue du jour au lendemain ? Non. Au pire, il devra faire une croix sur le champagne… Le salarié, par contre, peut bien plus vite basculer dans la précarité, quand il n’y vit pas directement en travaillant. Qui prend donc le plus de risques ? Il suffit de voir qui subit la crise économique pour voir que le risque n’est pas réservé aux actionnaires, bien au contraire.

Puisque de plus en plus, on transfert le risque depuis les investisseurs vers les travailleurs (précarisation des contrats, licenciements plus simples, baisse des prestations sociales), pourquoi ne pas faire également un transfert des profits ?

Les malpensants

Ecrit par Moogle le 17 février 2009

Quel est le point commun entre les journaleux de Valeurs d’Antan, Yvan Rioufol, Dieudonné et tant d’autres ? Si les deux premiers sont liés par beaucoup de points communs, allant de la haine du bronzé au fanatisme ultralibéral, le lien avec le troisième est plus délicat, puisqu’à première vue tout les opposes. Réponse : une furieuse envie de se considérer comme des rebelles mal-pensants, défenseurs de la liberté d’expression et victimes du politiquement correct.
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