Quel est le point commun entre les journaleux de Valeurs d’Antan, Yvan Rioufol, Dieudonné et tant d’autres ? Si les deux premiers sont liés par beaucoup de points communs, allant de la haine du bronzé au fanatisme ultralibéral, le lien avec le troisième est plus délicat, puisqu’à première vue tout les opposes. Réponse : une furieuse envie de se considérer comme des rebelles mal-pensants, défenseurs de la liberté d’expression et victimes du politiquement correct.

Pour Dieudonné, c’est une façon de pointer les projecteurs sur lui. “Regardez moi, j’invite Le Pen et Faurisson à mon spectacle !”. Les médias mordent à l’hameçon, et braquent les projecteurs sur lui. “Mais enfin, pourquoi est-ce que vous me critiquez ? C’est une atteinte à ma liberté d’expression !”. Un peu comme si un serial killer se plaignait qu’on parle de lui en mal. Ou quand le bourreau se fait passer pour la victime.

Chez Yvan et Olivier (Dassault), c’est un peu plus raffiné. On écrit dans de grands quotidiens, on passe régulièrement dans des émissions télé et radio, et on se plaint quand même d’être muselé. Car ce n’est pas tant le fait de ne pas pouvoir s’exprimer qui gêne ces gens. C’est surtout le fait de pouvoir être critiqué ensuite. Qu’on fasse remarquer à Rioufol qu’il incite à la haine raciale, et le voilà qui qualifie son détracteur de censeur. Il faut voir à quel point il use et abuse des termes “pensée unique”, “politiquement correct”, “bien-pensance” dans ses billets pour constater comme il se voit, dans son délire paranoïaque, tel un rebel harcelé par les autres médias (qui seraient tous de gauche, bien entendu). Sa défense de la liberté d’expression n’est qu’un prétexte pour prôner librement la haine raciale, mais il ne faudrait pas qu’il oublie que la liberté d’expression peut aussi aller à son encontre.

Victimisation, pseudo-rebellion, refus de toute critique… Et si c’était là le point commun de toute l’extrême-droite ?