Pouvoir d’achat
Politique 6 février 2009Plusieurs mois déjà que l’on ne parle presque plus que de ça. Plusieurs mois que la préoccupation principale des Français est devenu le pouvoir d’achat. Pouvoir acheter, il n’y a donc que ça pour faire rêver les gens ? Le pouvoir ne serait donc que celui de s’acheter un paquet de pâtes ou un téléphone portable ? Il n’y a pas des pouvoirs qu’il serait plus intéressant d’avoir ? Le pouvoir de choisir sa vie librement. Le pouvoir de participer démocratiquement à l’organisation de la société. Mais non. Tout ce qui compte, c’est l’argent et les biens qu’on achète avec. Donc, plus on a d’argent, plus on a de pouvoir. Drôle d’idée de la démocratie…
Les hypermarchés sont les premiers à avoir profité du filon. Vite vite, organisons “Les 10 jours du pouvoir d’achat”. Pendant 10 jours, on offrira aux gens des bons d’achat et des réducs sur tout un tas de produits. Comme ça, on leur vend ce dont ils n’ont pas besoin tout en se faisant passer pour les défenseurs de leur pouvoir d’achat. Qui a en réalité baissé entre avant et après leurs courses, puisqu’ils ont moins de sous. Mais l’important est le ressenti. Au final, rien n’a changé, c’est juste le mot “Pouvoir d’achat” qui est fédérateur. Récemment, j’entendais des Freenautes* déclarer tout le bien que Free avait fait à leur pouvoir d’achat. Avant, ils n’avaient pas Internet, montant de leur facture : zéro euros, maintenant, ils l’ont pour 30 euros, mais ils arrivent à croire que leur pouvoir d’achat a augmenté avec une facture mensuelle supplémentaire.
Même à gauche, on s’y met : on dramatise la baisse du pouvoir d’achat à l’extrême, en promettant aux gens de leur faire retrouver l’âge d’or où ils pouvaient brûler de l’essence sans y faire attention. Et ce ne sont pas les rmistes, les smicard, ceux qui sont vraiment dans la précarité qui sont visés, mais bien les classes moyennes. L’augmentation de la précarité, la baisse de l’égalité devant l’accès aux soins, la traque des travailleurs sans papiers, les attaques contre les droits de l’homme et la liberté devraient pourtant avoir un peu plus d’importance que la marque des pâtes et la taille de l’écran plat de Mme Michu.
Malgré la crise, on reste dans une société consumériste : j’achète, donc je suis.

* Il faudra que je fasse un article sur les Freenautes un de ces jours, car il est amusant de les voir prier Xavier Niel comme un Dieu.
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07/02/2009 à 21:23
Le pouvoir des chats, c’est pas quand ils savent retomber sur leurs pattes ?
Bon, ok ok
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