L’art de choisir l’information
Médias 21 janvier 2009La façon dont les médias rapportent les différentes grèves dans les transports a évolué au cours des années. La désinformation n’a sans doute jamais été aussi forte que pour le récent conflit de la gare St Lazare. Tout est démagogie : on exploite la colère des usagers, on ne montre dans les JT que des personnes en colère, sans jamais plus expliquer le fond. En un mois de conflit, je n’ai vu dans aucun média la moindre explication des revendications. Au final, le conflit se termine bien puisque c’est du personnel supplémentaire, donc une meilleure qualité de service à long terme qui a été obtenue. Mais aucun média ne prend le temps de le signaler. Seul reste au programme l’idée de limiter (encore) le droit de grève.
C’est également un moyen commode de monter les gens les uns contre les autres. On exploite au maximum l’individualisme, les “clients” mécontents qui râlent pour une heure de perdue dans une journée sans se soucier de ce qui se passe derrière. La responsabilité des dysfonctionnements dans les transports n’est plus imputée à la direction ou aux politiques de réduction constante des moyens, mais uniquement aux syndicats, montrés du doigts comme “preneurs d’otage”. Le terme, pourtant à des années-lumières de la réalité, n’est même plus critiqué et s’affiche en une des journaux. La seule solution proposée par le gouvernement est un retour en arrière pour limiter le droit de grève. Pourquoi ne pas proposer de légaliser la grève de la gratuité comme le proposent pourtant les syndicats ? Sans doute parce que ce type de grève aurait du mal a instaurer de l’antipathie envers les cheminots… C’est plus dur d’enfoncer des gens quand ils sont soutenus par l’opinion publique.
C’est aussi un moyen de vendre la privatisation. Comme la SNCF reste un service public dans la tête des gens, les dysfonctionnements seraient donc dûs à une mauvaise gestion publique. Les cheminots, fonctionnaires, seraient également d’affreux privilégiés qui refuseraient tout progrès. Et on passe ainsi d’une opinion attachée aux services publics, à une opinion qui souhaite les voir privatisés. Ils changeront sans doute d’avis en voyant ce genre de choses, mais il sera trop tard.
A lire aussi, un article d’Agoravox, ainsi que la réponse de SUD à Sarkozy et Pépy. Argumentée, loin de la démagogie de ces deux “présidents”, elle n’a bizarrement pas fait beaucoup de bruit dans les médias.
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