On en parle un peu partout en ce moment, Olivier Besancenot a été espionné par une officine privée. Ce qui est le plus hallucinant, ce sont les réactions des gens que l’on peut lire sur le sujet, par exemple sur les articles du Figaro. Les réactions mesurées, qui admettent que quelques soient ses idées, on n’a pas a être espionné, sont rares. Trop rares. Les réactions se partagent surtout en trois catégories :

  • C’est un coup monté de la LCR pour se faire de la pub (ils doivent copiner avec le patron de l’Express, sans doute)
  • Besancenot est dangereux, c’est donc normal qu’on l’espionne (ah bon ? il prépare des attentats ?)
  • Besancenot a des atomes crochus avec la Stasi, il n’a donc pas à se plaindre

On passera aussi sur les histoires selon lesquelles il aurait un emploi fictif à la Poste, qu’il gagnerait 5000 euros mensuel, tout ce qui relève plus de la légende urbaine que de l’information fiable, faute de la moindre source.

Ce qui est hallucinant, c’est qu’aujourd’hui encore, on puisse faire le raccourci grotesque communiste = Staline = dictateur. Plusieurs fois, on l’a vu condamner le régime stalinien, ce qu’il partage d’ailleurs avec Trotsky. Mais rien a faire, on veut encore et toujours rendre l’extrême-gauche française responsable des goulags. C’est plus simple que de lire les programmes, de confronter ses idées : pour discréditer quelqu’un, on le compare à ce qu’on l’imagine. Une sorte de point Godwin du communisme, en gros. Le goulag et la Stasi, comme justification des atteintes à la liberté des gens encartés “communistes”. En attendant, qui est-ce qui souhaite installer des caméras de surveillance et ficher les “délinquants” dès la maternelle, ça n’est sûrement pas la LCR…