Travailler plus pour gagner plus, oui, mais comment faire ? En créant de nouveaux emplois, pardi ! Et précaires, si possible.

On avait déjà le “service à la personne”. Des emplois financés à 50% par l’Etat via des niches fiscales, que les plus aisés peuvent s’offrir pour se débarrasser de leurs tâches les plus désagréables, telles que le ménage, l’aide aux devoirs, la cuisine… Grâce à des gens qui bénéficient d’un travail précaire (très irrégulier, et en général à temps très partiel, autour de 10 heures par semaine), on libère du temps pour travailler plus (et gagner plus). On a remplacé ce qui relève des tâches de la vie quotidienne par un nouveau marché : ça fait ça de plus dans lequel on peut investir et gagner de l’argent. Au passage, les gens (aisés) ne s’embêtent plus avec les tâches ménagères ou l’éducation des enfants : c’est du “temps perdu”, mieux vaut consommer du service à la personne.

Mais une fois que les tâches ménagèrent ont été remplacées par la vente de service, quel nouvelle chose peut-on bien faire payer ? C’est là que le système montre toute son ingéniosité et son absurdité. Il y avait trois temps dans la vie : le travail, les tâches quotidiennes, et les loisirs. Puisqu’on veut que les gens travaillent plus, on a supprimé les tâches quotidiennes. Maintenant, on va les faire payer pour supprimer les loisirs. C’est ainsi que des gens ont trouvé un filon intéressant : faire jouer des personnes aux jeux en ligne (World of Warcraft en tête) à la place des “vrais” joueurs, pour leur récupérer argent, matériel et expérience. Tandis que certains se félicitent de ce nouveau marché, l’éditeur Blizzard combat tant bien que mal cette dérive faite à partir de son jeu. Et après avoir “vendu” les loisirs, que restera t-il ? Le temps de sommeil ? Quoique, ça existe déjà, ça s’appelle les excitants.