Entendu ce matin sur France Info, à propos du “dommage écologique” reconnu dans l’affaire du naufrage de l’Erika :

L’écologie va t-elle imposer sa loi à l’économie ?

C’est un peu une question très con. Ca sous-entends quand même que l’écologie est un peu relou et qu’à cause d’elle, on risque de faire du mal à l’économie. Moi j’ai envie de répondre à cette question : “Il serait ptêtre temps”.

A ma gauche, l’écologie. Autrement dit, la nature. Un truc qui est en place depuis des millions d’années, qui a ses lois immuables et qu’on ne risque pas de pouvoir changer, à moins d’inventer une machine a programmer le climat ou un truc du genre, mais faut pas rêver, on est dans le monde réel.

A ma droite, l’économie, “science” créée de toute pièce par certains humains pour que certains humains puissent bénéficier de tout un tas de trouvailles technologique, et pour créer plein de richesses sans aucune limite.

Le problème, c’est que la seconde fait depuis environ un siècle vachement de mal à la première. Et vas-y que je t’épuise tout ton pétrole, et vas-y que je te pète la couche d’ozone, et vas-y que je te réchauffe la planète et que je te fais fondre les glaciers. Face à un tel carnage, une petite conscience écolo est venue naître au milieu de cette économie de malheur. Problème : si on veut vraiment protéger la planète, il serait bon de revoir les modes de consommation, d’arrêter le gaspillage, et de se rendre compte que les ressources naturelles sont loin d’être infinies. En bref, de flinguer un peu l’économie.

Forcément, ça plait pas aux économistes, à ceux qui croient dur comme fer que le capitalisme, c’est le meilleur système du monde, qui veulent avoir deux voitures pour aller acheter leur pain, qui veulent bouffer des tomates en hiver rapatriées de l’autre bout du monde, et qui voudraient une nouvelle télé écran plat pour remplacer l’ancienne qui marche encore très bien mais qui fait pas Full HD, parce que quand même, faut se mettre un peu à la page.

Revenons un peu à l’Erika : pour économiser quelques piécettes et faire une méchante plus-value, une multinationale envoie un vieux raffiot trimballer de l’or noir sur les mers, prenant le risque de perdre le bateau, la cargaison, mais aussi de flinguer une tripotée de poissons et d’oiseaux, et une bonne partie du littoral. Y’a de quoi gerber un peu (beaucoup), mais ce qui est mauvais pour l’écologie est bon pour l’économie, donc allons-y, soyons fous.

Est-ce que ces connards d’écolos empêcheurs d’économiser en rond qui veulent qu’on prennent un peu soin de la planète ne seraient pas en train de gagner la partie et de mettre à mal l’économie du monde entier ? Perso, j’espère que oui, et qu’on va se rendre compte que quand les glaciers auront fondu et qu’on aura des déserts de sable partout sur ce qui reste de cette bonne vieille Terre, même l’économie triomphante risque de s’en prendre un coup.

Conclusion : c’est pas à la nature de se plier à l’économie (même en demandant gentillement, elle risque de pas être d’accord), mais plutôt l’inverse.