Après la gauche caviar, la droite Ricard
Politique 24 septembre 2007C’est souvent une mode à droite que d’ironiser sur les “bobos” (bourgeois bohèmes), des gens aisés, mais de gauche. Forcément, les politiciens de droite sont eux souvent plus bourgeois encore, mais eux au moins, ils sont de droite, donc défendent leurs intérêts avant tout, les mesures fiscales de Sarko Ier confirmant bien la tendance “droite défenseuse des plus riches” (un BN à qui me trouve une mesure qui profite aux plus pauvres, ou au moins à plus de la moitié de la population). Même si j’avoue qu’il est dur d’être représenté par des gens pour la plupart issus de milieux aisés et totalement pas représentatifs de la population, même au PS, je trouve personnellement bien plus noble de tenter de défendre les plus faibles plutôt que de s’assumer ultra-riche qui ne pense qu’à sa gueule dans une “droite décomplexée”, mais apparement, le deuxième cas est très en vogue.
Tout ça pour dire que si les Français étaient majoritairement riches, du genre à payer l’ISF et plus de 50% de leurs revenus en impôts, ça se saurait. La droite avait donc bien besoin d’autres électeurs que la poignée de personnes qu’elle représente et qui ne doivent pas dépasser les 10% de la population (20 en étant gentil). C’est donc au bistrot du coin qu’elle est parti les dénicher, dans la France profonde des familles.
Quand on possède ou qu’on copine avec la première entreprise de vente de cerveau disponible de France (et même les autres), il n’est pas difficile de faire penser ce qui nous arrange à beaucoup de monde. Il est même beaucoup plus facile de faire appel aux plus mauvais sentiments de l’espèce humaine : la jalousie, la peur, la haine. Un reportage sur la violence des cités ou sur la fraude au RMI peut facilement faire pencher l’opinion dans le sens que l’on souhaite. Résultat : on n’a jamais vu autant de racisme, ou de haine anti-fonctionnaire et anti-chômeurs. Cette mentalité beauf qui ne dépassait pas les comptoirs de bistrot tend à devenir une forme de pensée unique du pauvre : si tout va mal, c’est la faute aux autres. Peu importe que tout aille vraiment mal ou pas, que les “immigrés voleurs” et les “fonctionnaires fainéants” soient une infime minorité peu représentative, il suffit de répéter les mêmes mensonges en boucle pour qu’ils deviennent vérité universelle : “la France est en déclin”, “l’immigration coûte cher”… Si c’est la télé qui l’a dit, c’est que c’est vrai.
Facile aussi de faire voter à droite, quand on a les plus grosses vedettes du pays avec soi : Johnny, Bigard… Le beauf aime bien Johnny et trouve tout a fait normal qu’il touche ses 8 millions annuel. Quand on passe son temps le nez dans les Paris Match et autres Ici Paris, on se retrouve vite à baver sur les fortunes des stars et a les défendre pour tout et n’importe quoi. La presse people : un bon moyen de détourner les gens des problèmes. C’est vrai que le pauvre Johnny qui doit payer 75% d’impôts et n’a plus que 2 millions pour l’année est plus à plaindre que les rmistes qui ont du mal a boucler les fins de mois malgré les pâtes à tous les repas…
Le beauf est égoïste, et matérialiste. Il lui faut absolument le dernier portable à la mode, un home cinema, et des fringues de marque. Il est donc particulièrement sensible à la publicité et à toute proposition qui pourrait lui faire augmenter son pouvoir d’achat. “Travailler plus pour gagner plus” est un slogan qui lui parle, peu importe que la proposition concrète soit totalement irréaliste. Limiter le droit de grève des autres, là aussi, il est pour, pour lui, les grévistes sont tous des fainéants qui le gènent, lui. Le beauf est près à accepter toutes les régressions pour les autres, pourvu que ça soit un progrès juste pour lui, voir que ça fasse juste chier ceux qu’il n’aime pas.
Le niveau élevé de beaufitude se constate souvent dans les forums et commentaires des grands sites d’actualité, où entre deux messages censés, se déverse une vague de bêtise parfois raciste, parfois anti-fonctionnaire, parfois tout ça à la fois, souvent très crasse, et qui parade fièrement en se donnant toute légitimité depuis que son champion a gagné l’élection. Il est quand même utile de noter que les commentaires des sites web des journaux ne reflètent pas vraiment leur lectorat, vu que ceux-ci sont ouverts à tous.
Loin de chercher l’intérêt général, la droite a réussi à faire penser à ses électeurs qu’ils auront quelque chose à gagner dans leur politique. Les gens se satisfont de baisses d’impôts inconsidérées, en oubliant qu’eux même n’en payent pas et qu’ils en sont les premiers perdants. La droite au pouvoir, c’est une quantité incroyable de cocus qui vont soit se réveiller quand il sera trop tard, soit se laisser endormir à grand coups de TF1. La droite au pouvoir, c’est aussi des gros beaufs directement dans le gouvernement, il suffit de regarder Santini ou Devedjan pour s’en apercevoir. Loin de vouloir plaindre le paquet de gens qui ont voté Sarkozy parce qu’ils veulent moins d’étrangers, ou tout simplement parce qu’ils veulent un président avec des couilles, sans s’apercevoir de leur connerie monumentale, c’est quand même 47% de gens qui n’ont pas mérité un tel président, et tout cela parce que le Bidochon de base est devenu superstar.
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