Comme je suis devenu riche récemment, j’ai pu m’acheter une Playstation 2 pour jouer à tous les jeux que j’avais et que je faisais tourner jadis sur la console de mon frère. C’est au détour d’un rayonnage de la Fnac (Montparnasse pour être précis) que je l’ai vu : le pack avec Final Fantasy XII. En général, j’attends qu’un jeu soit vendu à moins de 10 euros pour l’acheter et y jouer, mais là, c’était trop tentant : j’avais une bonne occasion d’acheter enfin la PS2, et en plus de jouer à un FF moins de 3 ans après sa sortie. Le mal étant fait, je n’avais plus qu’à brancher le tout pour m’adonner enfin au plaisir de passer quelques dizaines d’heures avachi dans mon canapé.

Alors, est-ce qu’il est bien au moins ce FF12 ? Pour répondre en bref : oui. Pour répondre en moins bref, c’est même sans doute le meilleur. Mieux que le 6, mieux que le 9, le meilleur tout court quoi. Mais pourquoi ça ? En fait, pour plein de raison.

Passons vite fait sur le côté technique. Il sort sur une console en fin de vie, donc forcément, en comparaison à un Oblivion ou la plupart des jeux sortis récemment sur des supports un peu plus puissants, il a du mal a faire le poids. Et même pour la PS2, ça n’est peut-être pas le plus beau jeu de la console. Pourtant, il est loin d’être laid, les décors sont colorés, variés, et les cinématiques superbes, même si à force d’en voir partout, ça ne surprend plus trop. Musicalement, rien de transcendant. On oublie presque qu’il y a de la musique pour nous accompagner tellement celle-ci n’est pas marquante. Mais bon, au moins elle a le bon goût de ne pas être à chier au point qu’on voudrait couper le son, au contraire d’un Star Ocean 2 par exemple.

Le système de jeu renouvelle énormément le style des FF. Parait-il que c’est le même système que dans le 11 (online), en tout cas, le jeu ressemble plus maintenant à un A-RPG, et même si certains hurleront que le tour par tour total du 10, c’était mieux, a vrai dire, je préfère maintenant, vu qu’on a pas à se taper des chargements tous les 3 pas pour voir ses persos taper un monstre bas niveau en 3 plombes. On regrette cependant de n’avoir que 3 persos à la fois (voir un quatrième invité en plus, mais comme on peut pas le contrôler, c’est plus relou qu’autre chose). Forcément, on ne contrôle vraiment qu’un seul de ces trois persos, alors, les développeurs ont inventé un système nommé “Gambits” : il permet d’attribuer à chaque perso des actions à effectuer automatiquement. J’ai beau ne pas m’en servir ou presque, préférant me fatiguer a donner des ordres à la main, j’imagine que bien utilisé, on peut en arriver à ne même plus avoir à jouer pendant certains combats, ce qui peut être bien disco. Il existe d’ailleurs un “loop” pour se faire de l’expérience en laissant tourner le jeu sans être devant l’écran, même si perso, j’ai pas réussi à le faire marcher.

Et sinon, on a un beau système de permis : on gagne des points dans les combats, et avec on achète des permis sur une grille, ceux-ci permettant de grapiller un peu de compétences en plus, d’utiliser les armes, armures, accessoires… C’est tout bête mais bien fichu. A noter que tous les persos ont la même grille et ont donc au final les mêmes compétences, il n’y a pas de système de classes de persos. Certains aimeront, d’autres non. Il y a aussi des invocations à trouver (13 en tout), même si celles-ci sont vraiment anecdotiques vu que je ne m’en sers même pas, et 3 attaques spéciales à débloquer pour chaque perso. C’est un peu dur de comprendre comment les utiliser, et ça donne des animations de trois plombes, surtout quand on les enchaîne, mais au final ça peut faire bien mal, très utile pour achever certains boss donc.

Le scénario est le point que les déçus de ce FF12 critiquent le plus. Ce qui me plait bien, c’est qu’on retrouve un vrai univers de fantasy à la façon des 6 premiers épisodes (et le 9), avec une dose de grosses machines électriques ou mécaniques pour faire staïle. Cet univers n’est d’ailleurs pas vraiment inconnu, puisqu’il s’agit d’Ivalice, déjà vu dans Final Fantasy Tactics, sauf que cette fois on est dans les 2000 ans plus tôt. Le monde est coupé en deux royaumes qui s’affrontent, avec entre eux un petit royaume (les gentils) nommé Dalmasca, qui a le malheur de se faire conquérir par le méchant empire. Deux ans plus tard, la princesse que l’on croyait mourrue refait surface et tente de restaurer son royaume, et comme une méchante coïncidence la fait rencontrer le héros… bref, pas de surprises incroyables ni de rebondissements extraordinaires, mais on est quand même nettement au dessus du scénario tout pourri du 10 qui faisait 2 lignes.

Enfin bref, tout ça c’est bien gentil, mais c’est quoi qui fait que c’est le plus mieux ? Et bien, la liberté, tout simplement. Contrairement aux autres Final Fantasy (et la plupart des RPG sur console), pas besoin d’attendre d’avoir un airship juste avant de tuer le boss de fin pour se balader partout. A peine une petite heure de jeu, et déjà les premières quêtes secondaires apparaissent. Bien sûr, on est loin d’un Elder Scroll, mais la richesse du jeu est bien là. La plupart de ces quêtes sont des chasses aux monstres : des contrats sont disponibles dans toutes les villes, et demandent de tuer un monstre unique souvent bien balèze. Sans oublier les invocations, les monstres rares et les quêtes toutes bêtes. Ici, pas de mini-jeu tout naze du genre éviter 200 éclairs, faire 0 secondes à dos de chocobo, se taper 10 heures de matchs de blitzball chiant à mourir, ou faire du surf de daube. Il y a bien un jeu de pêche, mais la plupart des quêtes sont de vrais quêtes, intéressantes et tout. Bon, il y a toujours des trucs du genre chopper un item ultra rare sur un monstre rare plusieurs dizaines de fois, mais on est loin là aussi du 10 où on devait se taper des monstres impossibles dans des combats au ralenti 500 fois d’affilée pour obtenir un pin’s. Tout ça pour dire que la durée de vie du jeu est ainsi particulièrement rallongée, mais cette fois, par du vrai jeu, pas une suite d’effets spéciaux à rallonge pour lancer des sorts “Feu”. Il m’aura fallu plus de 90 heures pour finir le jeu et faire quelques quêtes, et il m’en reste encore pas mal a faire. Bon, par contre, prenez une solution, parce que dès le début du jeu, l’ouverture d’un seul coffre empêche d’obtenir l’arme ultime du jeu, ce qui est bien balo.

Après le succès de Final Fantasy X-2, Square a décidé de rentabiliser chacun de ses jeux en en sortant une tripotée de versions, on aura donc ensuite droit à un épisode sur DS. Tout comme on aura 3 versions de FF13. On a beau trouver cette technique mercantile à la limite de l’indescence, il serait dommage de se priver d’un épisode qui vaut vraiment la peine d’être joué. Enfin bref, FF12, c’est bien.